Léonid ANDREÏEV

(1871-1919)

Léonid Andreïev est un écrivain et un dramaturge qui connut un grand succès en Russie au début du XXe siècle. Nombre de ses récits furent du reste traduits très tôt en français.

Dès le début, Andreïev exploite principalement deux veines : des histoires illustrant des épisodes de la vie ordinaire et mettant en scène des Russes de toutes les classes sociales et de tous les âges,  bref, des récits qui dessinent une fresque vaste et vivante de la société russe à la veille de la Première Guerre mondiale. L’autre veine qui court à travers son œuvre pourrait être qualifiée d’allégorique, c’est celle de « La pensée » ou du « Rire rouge », un texte halluciné et prémonitoire sur la folie sanglante des guerres que va connaître le XXe siècle. Car si l’époque reste toujours très présente dans ses récits qui traitent de sujets comme le malaise de la jeunesse, le terrorisme, les répressions, la guerre russo-japonaise, mais aussi la misère sociale, le développement des villes et les méfaits du progrès qui éloigne l’homme de la nature, c’est surtout la condition humaine et ses contradictions insolubles qui le fascinent : le gouffre qui sépare les aspirations idéalistes de l’homme et ses pulsions inconscientes, le dérèglement de la pensée qui mène à la folie, la tentation du suicide, l’angoisse de la solitude... 

Léonid Andreïev est non seulement un auteur de grande envergure et un photographe particulièrement visionnaire, il est aussi une des consciences prémonitoires du siècle dernier.

Si, comme la plupart des intellectuels de son temps, il s'est élevé contre l'autocratie, il n'en a pas moins pressenti très tôt les dérives que pouvaient entraîner les mouvements révolutionnaires et terroristes. Après avoir salué la révolution de février 17, il s'est immédiatement opposé à Lénine et aux bolcheviks.

L'ensemble de ses récits, 5 volumes parus aux éditions José Corti, brossent une fresque extrêmement vivante de la vie en Russie avant 1917.

 

Aux éditions Interférences : S.O.S. et Faits divers